Flavien Théry, Ici commencent les cieux

1 décembre 2017 -> 18 janvier 2018

"Ici commencent les cieux", subligraphie sur aluminium, 75 x 100 cm

Flavien Théry est né à Paris en 1973. Diplômé de l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, il vit et travaille à Rennes depuis l’an 2000. Après un parcours dans le monde du design, ses recherches s’inscrivent aujourd’hui dans une filiation entre le mouvement de l’art optique et cinétique et les pratiques actuelles faisant appel aux nouveaux médias, avec un intérêt particulier pour les relations entre art et science, dans leurs questionnements sur la nature de la réalité, et plus particulièrement de la lumière.

Dans son « Petit guide de conversation avec les extraterrestres » (2016), Finn Brunton remarque que la question de savoir comment les humains peuvent communiquer avec les extraterrestres est à la fois existentielle, sémiotique et technologique. « Quels principes fondamentaux de la vie et de la civilisation humaines devraient être transmis et quels médias nous permettraient de les transmettre ? » Il s’agirait donc notamment d’un problème d'encodage/décodage : un problème de média à l'échelle cosmique.

Quand nous pensons à cette communication interplanétaire, nous avons tendance à penser à ce qu'on appelle le « SETI passif » (Search for Extraterrestrial Intelligence), le processus d'écouter passivement des signaux en provenance de l’espace. Mais il existe quelque chose d’encore plus passionnant : l’ « Active SETI », le défi de nous signaler activement aux non terriens.

Dès la fin du XIXème siècle les astronomes Camille Flammarion et A. Mercier préconisent l’utilisation de la lumière et de l’électricité pour communiquer avec nos voisins extraterrestres. Mais c’est le visionnaire poète et inventeur Charles Cros qui théorise une véritable méthode de codage du contenu en flash lumineux. Il publie en 1869 « Étude sur les moyens de communication avec les planètes », où il développe une sorte de protolangage informatique de compression et transmission de signaux à l’échelle interplanétaire par la lumière. Il s’inspira des nouvelles méthodes de tissage et de broderie rendues possibles par les machines à cartes perforées de Jacquard (et qui inspireront l’ordinateur mécanique qu’imagine en 1834 le mathématicien britannique Charles Babbage).

Impulsions lumineuses, tissage, codage multimédia…ces précurseurs et visionnaires ouvrent la voie à une utopie de communication extraterrestre active dont le « Voyager Golden Record » représente sans doute l’un des derniers exemples : des disques en aluminium anodisé contenant des sons, images et paroles censés dresser un portrait de la diversité de la vie sur Terre, qui ont été embarqués à bord des sondes spatiales Voyager en 1977. Même si les chances que ces « bouteilles à la mer interstellaires » soient retrouvées restent extrêmement faibles, il est assez probable que ces disques constitueront peut-être l'ultime trace de notre existence terrienne, perdue dans l'espace.

Si le projet Apollo fut salué comme le début d’un âge d’or de l’exploration spatiale, qui aurait certainement ouvert la voie aux expéditions vers Mars, à une colonie lunaire et à l’exploration des frontières du système solaire, comme Stanley Kubrick l’avait représenté dans son film 2001 : l’Odyssée de l’espace, dès 1980 il devint évident que l’alunissage n’avait pas été le premier acte de la conquête spatiale, mais le dernier.

Depuis on a assisté plutôt à la présence de plus en plus importante de robots sur la surface de Mars : les machines ayant occupé l’espace imaginatif humain avec leurs données analytique.

Héritier de cette tradition et en hommage à ces entreprises emblématiques de communication et d’exploration interplanétaires, les œuvres présentées à l’occasion de la deuxième exposition personnelle de Flavien Théry à la Galerie Charlot reposent la question de cet imaginaire spatial perdu.

Valentina Peri

Flavien Théry, Ici commencent les cieux, 1 décembre 2017 -> 18 janvier 2018
Galerie Charlot47 rue Charlot, 75003 Paris
Ouvert du mardi au samedi de 14h00 à 19h00
Galerie Charlot

47 rue Charlot 75003 Paris
Mail : info@galeriecharlot.com

Site : Galerie Charlot

Du mardi au Samedi - 14h à 19h et sur rendez-vous

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Publié le : 2 décembre 2017

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