The French Kiss

Richard Jackson // 17 novembre -> 23 décembre 2017

La galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois a le plaisir de vous présenter "The French Kiss", la nouvelle exposition de RICHARD JACKSON .

Parce qu’il serait trop facile de laisser cohabiter classiquement et paisiblement la peinture avec la toile, son support de prédilection depuis le XVe siècle, Richard Jackson a choisi de séparer ce couple confortable. Ces deux-là se connaissent trop bien. Le manifeste pourrait s’arrêter là. Il pourrait en effet se contenter de rompre avec un paradigme dominant, comme d’autres artistes du reste ont choisi de le faire, mais il va bien loin. L’artiste considère en outre que le doux ménage formé par le pinceau et la peinture est lui aussi un poncif, incomplet, éculé.

Radical, Jackson trouve jubilation dans le dépassement, le renouvellement et l’extension des pratiques picturales. Se départir des vieilleries donc, avec provocation comme on a pu le dire. Mais il n’est pas interdit de penser que sa démarche se situe surtout du côté d’un humour tout expérimental mis en œuvre depuis les années 1970. Très tôt, il retourne les toiles, les plaque face au mur. Il leur tourne ainsi le dos et donne à voir à côté d’elles des cercles formés par des aplats acryliques qui jaillissent à même le mur. Avec Jack-son, les couleurs se cognent contre les parois, comme un oiseau se cogne à une fenêtre attiré par la lumière. La confrontation est vive. Signifiante. En 1972, ce sont des portes, par leur mouvement de va-et-vient qui se chargeront de se substituer aux pinceaux. A leur tour, les essuie-glaces, en 1977, qui étalent la matière épaisse et colorée sur des pare-brises. Plus tard, dans les années 2000, les roues d’une vespa par leur mouvement circulaire font naître sur le sol un tableau horizontal. Les pinceaux sont morts. Vive la peinture. Cette dernière vit d’elle-même, elle acquiert avec Richard Jackson une autonomie et se débarrasse de ses oripeaux. Tout naturellement, l’artiste déteste les monochromes. Euphémisme, il les tient en horreur. Alors tous les moyens sont bons, et beaux, pour y échapper. Jackson ne cesse de démontrer que peindre est une action dont le peintre peut être exclu. Paradoxe fécond qui situe théoriquement l’artiste du côté de l’élaboration de dispositifs. Plus intéressé par la fabrication, la production, le faire, il met inlassablement en place des mécanismes comme autant de programmes vivants.

Au sein de cette exposition, il pour-suit cette entreprise de déconstruction et de déplacement du medium en reconstituant le bar de La Palette, à échelle 1. Il aura fallu plusieurs années de réflexion pour y parvenir. Avant de jeter son dévolu sur cette institution de Saint - Germain qui draine avec elle une imagerie française fantasmée par les américains, il avait d’abord pensé au Moulin Rouge, cliché s’il en est. Cette contextualisation pleine d’humour, clin d’œil à des représentations surannées, rend hommage au vieux monde kitch du peintre de chevalet en veillant à lui injecter un sang nouveau. La machine tourne, la mécanisation du bar qui diffuse de la peinture de façon aléatoire dans la galerie est ce train à grande vitesse du renouveau de la peinture. Avec finesse, drôlerie, Jackson sur-plombe et prend du champ, ainsi de son chien qui urine sur le Orange County Museum of Art (OCMA) qui l’exposait il y a peu et encore visible récem-ment au sein de l’exposition «Ain’t Painting a Pain» au S.M.A.K. Jack-son, comme l’attitude de ce chien, enjambe l’histoire de l’art et préfère au sérieux, la pure jouissance. Léa Chauvel-Lévy

The French Kiss, 17 novembre -> 23 décembre 2017
Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois36 rue de Seine, 75006 Paris
La galerie est ouverte du lundi au samedi de 10h30 à 19h30. Vernissage le jeudi 16 novembre 2017 au 36 rue de Seine, de 18h à 21h.
Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois

33 et 36 rue de Seine 75006 Paris
Tel : 01 46 34 61 07
Mail : info@galerie-vallois.com

Site : Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois

Du lundi au samedi de 10h30 à 13h et de 14h à 19h

Plus sur cette galerie
geofield: 

Publié le : 14 octobre 2017

Tags :

##artcontemporain #exposition #richardjackson

#Richard Jackson

En ce moment

Toute la programmation