Sigmar Polke

Ultra Polke // 14 octobre -> 30 décembre 2017

Sigmar Polke, le magicien subversif

La Galerie Suzanne Tarasieve a pu réunir un ensemble d’œuvres remarquables d’un des plus grands artistes allemands contemporains, Sigmar Polke (1941-2010). Enfant de refugiés, né en Silésie, il a vécu à Cologne, s’il ne sillonnait pas les quatre coins du monde. Avec son ami Gerhard Richter, il crée le mouvement pictural baptisé le « Réalisme capitaliste ». En 1986, il reçoit le Lion d'or de la 42ème Biennale de Venise.

Son œuvre, inclassable, oscille entre figuration et abstraction, embrassant des techniques multiples : peinture, dessin, gravure, photographie, film et installation. En 2014-2015, des grandes rétrospectives lui sont consacrées au musée de Grenoble, au Museum of Modern Art à New York, à la Tate Moderne à Londres, au musée Ludwig à Cologne et en 2016 au Palazzo Grassi à Venise.

Plein d’humour, il expliquait que lorsque « sa famille s’empressait de lire le journal lui n’y voyait en raison de sa myopie, qu'une série de petits points noirs qui sont devenus ses frères et que lui-même est également un point. » De ce souvenir, est né l’usage omniprésent des points. En grossissant la trame, il la déforme, jouant avec une vision de très loin et de très près jusqu’à la dissolution de l’image.

L’autodérision de cet artiste qui est surtout un libre penseur, a certainement entravé sa notoriété. Les peintures de Polke sont des dessins peints : un champ de forces et d’énergie, une alchimie de matières et de couleurs. Sa narration se nourrit autant de l’imagerie pop, mythes millénaires, contes populaires, que de la grande histoire et de la caricature politique.

Ses dessins évoquent le jeu à plusieurs mains du cadavre exquis : une forme se transforme dans une autre, enchaînant des associations libres proches de l’univers surréaliste. Dans Figurenstudie (1973), un des dessins exposé à la Galerie Suzanne Tarasieve, plusieurs figures se superposent. Morceaux de corps et visages féminins nous entraînent dans une image mentale : un fantasme au sexe ouvert.

L'étoffe dont sont faits les rêves de Polke s’apparente à un journal intime, un lieu d’expérimentation. L’espace picturale devient alors un immense collage où se juxtaposent portraits, mots, éléments réalistes et abstraction lyrique tel le rébus d’un jeu de réflexion. L’effet de surprise anime les œuvres d’une puissance suggestive. Son langage tient de la spontanéité de l’enfant, mais aussi d’une conscience politique engagée et d’une dimension cosmique issue du romantisme allemand.

Jeanette Zwingenberger 

Sigmar Polke, 14 octobre -> 30 décembre 2017
Galerie Suzanne Tarasieve7 rue Pastourelle, 75003 Paris
Du mardi au samedi, 11h-19h
Galerie Suzanne Tarasieve

7 rue Pastourelle 75003 Paris
Tel : 01 42 71 76 54
Mail : info@suzanne-tarasieve.com

Site : Galerie Suzanne Tarasieve

Du mardi au samedi de 11h à 19h

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Publié le : 10 novembre 2017

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